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Société des naturalistes est archéologue du nord de la Meuse

Réunion du 5 juin 1982

Visite des ruines du château de JAMETZ

Exposé par M. Martial Colin, ancien maire de JAMETZ

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,

A la demande de M. le Président et sur l'insistance amicale de M. l’Abbé Mellier, j'ai tenté de situer dans le temps le rôle important qu’ait joué dans l'histoire, la ville de JAMETZ entre la France, la Lorraine et les évêchés.

Cet exposé ne comporte ni imagination, ni interprétation ; il est composé d'extraits de documents que j'ai pu réunir grâce à l'aide des bibliothèques de Verdun et de Bar-le-Duc, de la mairie de Verdun et autres. Le regretté docteur André m'a beaucoup aidé au début de mes recherches, son érudition était grande de même que sa passion pour l'histoire ancienne de notre région.

Je précise que la société des Naturalistes et Archéologues du nord de la Meuse a effectué une excursion à JAMETZ le 15 septembre 1903 - sept sociétaires prirent part à la visite des restes des fortifications de l'ancienne ville et des ruines du château.

Certains étaient venus en voiture (attelée) d'autres à bicyclette. Après un bon repas à l'auberge ils eurent la désagréable surprise de trouver les pneus des vélos dégonflés, des gamins effrontés les ayant percés à coups d'épingle. Je n'étais pas né.

 

Introduction

Actuellement la commune de JAMETZ a une population de 300 habitants environ ; comparativement à d'autres localités de la région, ce nombre d'habitants n'a pas diminué ; cette stabilité étant due probablement à la situation du village sur une route qui fut nationale, à la rivière « le Loison » qui attire les pêcheurs et à la plaine et aux forêts pour les chasseurs.

La population est répartie entre les cultivateurs, les ouvriers qui travaillent dans la région de Longwy et les chantiers de travaux publics et du bâtiment, et enfin beaucoup de retraités venus d'horizons divers.

La période dominante de l'histoire de JAMETZ se situe entre les années 1537 date de l'introduction du protestantisme dans la ville, et 1589 qu'il vit la capitulation de la garnison, avec toutes ses conséquences pour la population, JAMETZ était livré à la Lorraine.

JAMETZ remonte vraisemblablement à l'époque gallo-romaine. Quelques monnaies impériales trouvées sur son territoire donnent à penser que JAMETZ existait bien à cette époque. Son nom d'alors était GEMMACUM ou PERVILLE, et qui serait dû à sa situation à flanc de coteau, en amphithéâtre dominant la vallée du Loison est protégé par les côtes de Meuse. En somme « une pierre précieuse dans un écrin ».

La première mention connue est de la fin du Xe siècle, nous y reviendrons par la suite. Toutefois, il existe dans le cimetière communal une chapelle dont la construction date de ce Xe siècle.

La terre de JAMETZ fut cédée à la France le 9 mars 1641 par le traité de Paris, article IV, confirmée en 1539 par le traité des Pyrénées pour tomber peu après aux mains des Princes de Condé.

 

ARMOIRIES

Les anciens sires de JAMETZ portaient : d'azur, aux trois faces, d'argent chargé, à dextre, d'un franc quartier de gueule.

L'orthographe de la ville fut successivement :

GEMMATIUM – JEMMACUM – JEMATIUM – GEMMAS – GEMMAIS – JEMMAS – JEMMAIS – JOUMEY – JAMMETS puis JAMETZ.

 

chronologique - épisodique

La première mention connue est de la fin du Xe siècle. À la mort de Lothaire roi de France mort en 986, tous les seigneurs lorrains qui étaient prisonniers à Verdun furent rendus à la liberté exceptée Godefroy II le vieux ou l'Ancien, compte d’Ardenne et de BOUILLON. Pour obtenir sa liberté il céda JAMETZ et fut élargi le 17 mai 987.

En 1076, Laurent de Liège écrit que Godefroy V, dit le bossu, duc de Basse Lorraine et comte de Verdun donna JAMETZ à l'église de Verdun.

En 1093, une partie de JAMETZ est entre les mains de Philippe de Murault, Chevalier de chiny, qui fut maître de MURAULT et d'AZANNES, en même temps qu'il était chevalier de Chauvency et La ferté.

 

Les seigneurs

Lors de la fondation de l'abbaye de Châtillon, JAMETZ fût inféodé à des seigneurs. Le premier connu : LITARDUS de JEMMAS est désigné dans une donation en 1154.

Le second fut JOURDAN surnommé PAGANUS de JEMMAS.

En 1259, Jean de JAMAIS, sire de MONT ST MARTIN et de ST MARD, capitaine prévôt de STENAY, est indivisionnaire de JAMETZ avec son frère POINCIGNON de La FONTAINE.

 

Les fiefs

Lorsque JAMETZ fut constitué en fiefs, les comtes de Luxembourg ne voulurent pas perdre entièrement leur droit d'avoués. L’abbaye de TREVES vendit en 1291 ce qu'elle possède en la ville, et aux confins de JAMAIS par bon greit et octroit d'Henry CUENS de Luxembourg, avoué de leur couvent.

À la fin du XIIIe siècle, les nombreux seigneurs de JAMETZ se divisèrent d'après leurs origines. La portion de Jens de JAMAIS passa aux sires de BARBANCON de la maison de la MARCK et des Seigneurs de SEDAN. Ces noms reviendront souvent dans la suite.

Colard des Hermoises est nommé sire de JAMETZ dans le traité d'alliance du 13 août 1358 conclut entre Venceslas de Bohême et Yolande de Flandre contre l'évêque de Verdun - Hugues de bar.

Il semble que les noms de famille étaient soumis à une sorte de déclinaisons : le grand-père COLAS, le fils COLIN, le petit-fils COLLET le petit gendre COLARD.

 

fortifications

Le 15 juillet 1370, Geoffroi II voulut faire reconstruire l'ancienne place forte de JAMETZ. Il lui fallut l'agrément de son suzerain, le duc de Luxembourg auquel son père devait 90 000 florins. Geoffroi fit élever d'importantes fortifications autour de son habitation et mourut en 1391.

En 424, SAUBLET DU HAUTBOIS est nommé une sire de DUN et JAMETZ, Prévost de MUSCEY. La même année Evrard III de la MARCK, époux de BRAQUEMONT acquiert SEDAN de Louis de BRAQUEMONT, son beau-frère ; peu après, ayant servi la FRANCE et le prince évêque de LIEGE, il eut pour récompense le duché de BOUILLON.

On voit apparaître la famille dominante de l'histoire de JAMETZ au cours des XVe et XVIe siècle.

 

Les DE LA MARCK

Robert Ier de la MARCK et Jeanne de MARLES du SAULCY restèrent en possession pleine et franche de ce qui leur appartenait en la petite principauté (en 1421 ?)

Jean du HATOIS résidait à JAMETZ, dont il était seigneur en partie. Il mourut en 1475.

En 1426, René d'ANJOU donne à un jeune capitaine, Jean dit le Basque, ce qui lui reste en la ville et seigneurie de JAMETZ pour récompense de ses services au siège de Nancy.

Robert Ier de la MARCK (sanglier des Ardennes) avait eu SEDAN à la mort de son père en 1469.

En 1483, il prit définitivement BOUILLON aux évêques de LIEGE. Le titre de duc lui fut conféré par Charles VIII en 1486.

Il périt, dans l'armée française sous les murs de CARIGNAN en 1489. Il avait eu cinq enfants, deux filles et trois fils : Nicolas, mort jeune, Robert est Evrard.

Robert succéda à son père sur le nom de Robert II. Il fut chanoine de la cathédrale de METZ, puis duc de BOUILLON et SEDAN.

Il est connu sous le nom de « Grand Sanglier des Ardennes ». Robert ne vint à JAMETZ que pour en faire un centre d'excursions meurtrières.

Il ravageait toutes les terres de l'Empereur et autre, ses voisins, il y faisait de grands maux, ni plus ni moins qu'un sanglier qui ravage les biens et les vignes des pauvres et bonnes gens. Il avait choisi pour devise : « si Dieu le ne veult m’ayder, le diable ne me peut manquer ».

Il faut se souvenir de toutes ses aventures et combinaisons politiques avec le Louis XI, Charles le Téméraire et l'Evêque de Liège.

Après toutes les batailles auxquelles il participa, le « Grand Sanglier » fut dangereusement malade, il passa à JAMETZ les moments de repos qui lui procurèrent la paix et l'avènement de FRANCOIS Ier.

À cette époque JAMETZ était une place forte à la fois très agréable à habiter, se trouvant dans un beau site, et dont le château venait d'être récemment muni, par prévoyance, de fortifications importantes.

Le château devait être confortable, car, lors des fiançailles de sa nièce de Perette BAUDOCHE avec Bertrand de Toul, Robert II avait convoqué toute la seigneurie dans son « CHASTIAULX DE JAMAIX ».

Après bien des disputes de famille et des défaites militaires, en 1522, il ne restait plus à Robert II que SEDAN, JAMETZ et FLEURANGES.

Le comte de Nassau (prince d'Orange) sachant que JAMETZ n'avait qu'une garnison de quelques « souldoyers », sous les ordres d'un capitaine écossais se disposait à l’attaquer : mais les Jean de SAULCY, troisième fils de Robert II venait d'amener avec lui 120 hommes de pied. On travailla de jours et de nuits aux remparts du château. Robert II de la MARCK quitta SEDAN et vin apporté à son fils le concours de son expérience.

Lorsque de NASSAU arriva devant JAMETZ il trouva le château à l'abri d'une insulte et en état de se défendre vigoureusement.

Le 5 juin, dans la soirée, de FLEURANCES arrivait de SEDAN avec 50 hommes d'armes et passait inaperçu à travers les troupes de NASSAU.

Le lendemain, il fit entrer tous les habitants de JAMETZ dans le château, incendia la ville qui n'était pas encore fortifiée à cette époque, afin de ne pas permettre aux assiégeants de pénétrer dans la ville et d'attaquer le château de ce côté.

Pendant que JAMETZ se consumait, des soldats opérèrent une sortie et, après une lutte de deux heures, ramenèrent une soixantaine de prisonniers.

NASSAU voyant qu'il ne pouvait s'emparer du château se contenta de faire dire aux gens de Robert II qu’ils se gardassent bien et que le temps de les attaquer ne tarderait pas à venir. Puis il évacua JAMETZ le 11 juin 1521.

Le 13, de FLEURANGES allait à SEDAN et rentrait à JAMETZ le surlendemain avec un convoi de 600 chariots de blé, de vins et munitions de guerre.

Il laissa le commandement de la place à son frère Jean de SAULCY et battit la campagne, interceptant les convois, harcelant les envahisseurs jusqu'au moment où de NASSAU accorda à Robert II un armistice de six semaines, bientôt suivi d'un arrangement définitif.

Très important. À la mort de Robert II (1491 – 1536) en novembre, Jean de SAULCY devint Sire de JAMETZ. Cette seigneurie comprenait à cette époque :

Villes, châteaux et prévôté de JAMETZ, les seigneuries de ROMAGNE SOUS MONTFAUCON CIERGES, DAMPICOURT, PROYVILLE et de nombreux autres droits seigneuriaux dans certaines localités de la Lorraine et de l'évêché de Verdun ;

Les deux tiers de la seigneurie de ROMAGNE SOUS LES COTES, le quart de celle de REMOIVILLE, le huitième de la prévôté de MANGIENNES et des seigneuries de CHAUMONT DEVANT DAMVILLERS, LOISON, et VILLERS SOUS MANGIENNES.

Les droits de bourgeoisie de LEROUVILLE ( ?), BUZY, PILLON, BILLY, les menus dimes de BRANDEVILLE et VILLES DEVANT CHAUMONT ; le four banal d'AZANNES, Jean DE LA MARCK avait des vassaux qui lui rendaient fois et hommage pour les fiefs de THIL et de la CONS.

Le 27 septembre 1543, François Ier fut reçu par Jean dans son château de JAMETZ.

Jean de la MARCK accompagnait le roi Henri II dans sa conquête des trois évêchés. En 1542 à la prise de DAMVILLERS on l'avait vu combattre en brave.

En 1548, Christian de DANEMARCK se trouva au château de JAMETZ. C'était la résidence de Jean de SAULCY et de sa femme Hélène de BISSIPAT. Il avait fait réédifier la ville et l’avait entourée d'une enceinte fortifiée. Il fit également exécuter des réparations à la chapelle Saint-Georges du Château, au service de laquelle était attaché un chapelain.

Le seigneur de JAMETZ constitua son petit patrimoine avec sagesse, l’administra avec prudence et bonté, lui donna une municipalité régulière, un corps de magistrature, de sorte qu'en 1557, la ville comptait 188 chefs de famille soumis au droit annuel de la bourgeoisie. Si, à ce nombre on ajoute l'élément privilégié, c'est-à-dire la noblesse, les clercs, les officiers municipaux, la garnison du château et les indigents, on remarqua que la population devait être importante.

Jean de la MARCK mourut à JAMETZ en 1560. Dans son testament il instituait le duc de BOUILLON son seul héritier pour sa terre de JAMETZ.

Robert de FLEURANGES, son frère, qui avait été fait prisonnier à la bataille de PAVIE fut enfermé au fort de l'écluse.

Il avait succédé à son père Robert II sous le nom de Robert III, il mourut le 21 décembre 1537.

Il avait un fils, Robert IV, qui épousa Françoise de BREZE, dont le fils Henry Robert devint duc de BOUILLON, prince de Sedan et entra en possession de JAMETZ à la mort de son grand-oncle, Jean de la MARCK.

 

Le protestantisme

Né le 5 février 1539, Henry Robert avait épousé Françoise de bourbon, fille de Louis II de bourbon, duc de MONTPENSIER.

Il embrassa la religion réformée en 1566 et fit de SEDAN et JAMETZ des abris sûrs pour les nombreux protestants qui fuyaient la torture et le bûcher que leur faisait subir les Ligueurs.

C'est alors comme le mourut Guillaume Robert de la MARCK qui institue un accord aura comme légataire universelle sa sœur en charlotte âgée de 13 ans. La souveraineté qu'il laissait à sa sœur était déjà envahie par les troupes lorraines et M. d’Haussonville, baron d’Ornes avait porté son quartier général à JAMETS.

Les assaillants se trouvèrent alors en face d’un corps de place de quadrangulaire ainsi distribué :

Un donjon précédé d'une vaste cour en rectangle, les logements du gouverneur sur un de ses côtés,

Un bastion dit de « la cloche » à l'ouest, un boulevard dit « du bruit » au nord, un bastion dit « de la grille » à l'est - un boulevard dit « du robin » avec son éperon au sud - un boulevard dit de « la porte » au sud-ouest - une porte dite « du bourg » - une seconde porte précédée d'un pont-levis et d'un pont. Le tout entouré de fossés plein d'eau alimentée par la rivière « le Loison », et la source que vous voyez ici.

Nous abordons maintenant la période du siège de JAMETZ qui va nous permettre de différencier la ville fortifiée au château fort dont les ruines sont devant vous. Voici donc que la situation de l'ensemble en l'année 1588.

La ville est entourée d'un mur d'enceinte en brique, précédée très souvent par un fossé et soutenue par des bastions solidement construits. En novembre 1587, les lorrains viennent faire le blocus de JAMETZ. Le 18 avril 1588, d’Haussonville fait sommer la ville de se rendre. Sur le refus de « de Schlandre » chef de guerre du château, il ordonne le bombardement. Les compagnies lorraines, les Italiens, les Allemands et les albanais échouent dans leur attaque internationale.

Le 30 juillet 1588, l'assaut est à nouveau donné, de nuit, nouvel échec, et le siège continue et se resserre.

Le 20 décembre la ville est menacée d'une nouvelle attaque, c'était possible vu le délabrement de la place et l'écrasante supériorité, de moyens des catholiques, pourtant l'assaut n’est pas donné.

Le 27 décembre, une convention est signée entre charlotte de la MARCK et Charles III pour question de mariage. Le siège de la ville est terminé, il reste le château qui n'est pas, lui, compris dans la capitulation.

À noter que ce siège célèbre à fixer l'attention du monde entier.

Après la reddition de la ville la trêve est mise à profit. Toutes les armes et munitions, ainsi que les livres qui restaient à JAMETZ sont transportées au château.

Les défenseurs disposent de 12069 le boulet d'artillerie, 14 milliers de poudres, 11 milliers de 156 livres de mèche, 14 milliers de plombs, plus une réserve de poudre valant 3000 florins d'or.

La trêve de six semaines et prolongées de fois mais les négociations de mariage entre la maison de Lorraine et celle de la MARCK n'ayant pas abouti, elle expire le 12 avril 1589.

Le 13 avril les opérations reprennent entre l'armée de 10 000 lorrains et les deux compagnies huguenotes.

Le 22 avril, toutes constructions intérieures du château sont démolies.

Le 22 juillet, l'assaut est donné, mais il échoue. Le lendemain 23, le prince Henri, fils de Charles III vient en inspection à JAMETZ est prescrit de redonner l’assaut.

En raison des pertes subies par ses troupes, de Schlandre, chef de guerre du château réunit un conseil de guerre, décision, la continuation de la lutte est impossible.

Le château se rend le 24 juillet 1589.

Le lendemain le prince Henry et d’Haussonville y font leur entrée par la brèche ouverte dans la fortification.

L'armée lorraine se retire vers Bar-le-Duc, de Schlandre et ses troupes vers Sedan.

La capitulation du château livrait JAMETZ à la Lorraine. Cette conquête lui avait coûté cher ; 20 mois d'assaut, 2 millions d'espèces et des flots de sang. À noter que suite à cette tuerie on n'a pas retrouvé trace de cimetières. Tel était le solde de la victoire à tout prix ; il importait à la ligue qu'elle conserva. Au terme où les princes lorrains se trouvaient avec la France, JAMETZ était un poste de premier ordre contre les projets des envahisseurs des trois évêchés car les Français étaient déjà maître du Verdunois, Charles III le compris et sa politique y pourvut.

La terre de JAMETZ fut cédée à la France le 9 mars 1641 par le traité de Paris, article IV, confirmé en 1659 par le traité des Pyrénées, pour tomber, peu après, aux mains des princes de Condé.

Après la retraite de De Schlandre et de sa troupe le 25 juillet 1589, après la sortie de cette garnison héroïque, capitaines et soldats l’épée où le poignard à la ceinture, tambour battant et enseigne flottant au vent, Henry de Lorraine, Marquis de Pont-à-Mousson avait enjoint au baron d’Haussonville de mettre les lieux sur un pied respectable. 150 arquebusiers à pied, 20 à cheval, quatre canonniers et la compagnie Maigret occupèrent le fort.

Dès le lendemain le culte catholique repris possession des armes à la personne du curé et Nicolas Meunier ; puis, appelé de Piémont, un ingénieur militaire vint reconstruire la forteresse ; c'était Mathieu Du Pont, dit l'Italien.

Claude Charles de Housse, à la tête des troupes lorraines repris possession du fort et des ruines qui l'entouraient.

 

Population

Quelques bourgeois rentrèrent, il relève vers les ruines de leurs habitations. En 1620 déjà 147 familles avaient reconstitué la nouvelle commune. Alors il fallut donner un code de police et des magistrats.

 

Réalisation

Le château fortifié en 1601 et 1602, un pont jeté sur le « Loison », une église construite en 1608 par le maître maçon Guiot Roussel, tels furent les premières œuvres du gouvernement.

En 1620, le Sieur de Raigecourt succéda au gouverneur d’Anglure. Il trouve à 132 mélanges, mais toute la terre ne rapporte encore au domaine que 80 000 F barrois somme insuffisante pour défrayer la garnison. Tout est absorbé par les chefs ; les soldats ne vivent que de maraude ; les habitants plongés dans la misère, désertent de nouveaux, leurs foyers restent vides. En 1636, de 132 le nombre de feux est réduit à 26 et, quatre années plus tard on n'en trouvera que huit, tant est désastreux un gouvernement militaire. C'est dans cet état que survient l’occupation française en vertu du traité signé en 1631, par Charles IV à Liverdun

Le traité ne stipulait que le dépôt aux mains de Louis XIV que quelques places fortes, telles que Clermont, Varennes, Dun, JAMETZ, Stenay.

De 1632 à 1640 se compléta la misère et le dépeuplement de JAMETZ. En août 1634 un édit du roi avait supprimé le baillage de JAMETZ. À partir de cette époque JAMETZ cessa d'être lorrain, et perdit son importance.

De 1649 à 1789, la terre et seigneurie de JAMETZ ne comprit donc que sa capitale, plus quelques dépendances, toutes immédiates. En dernier résultat JAMETZ fut érigée en Comté, titre purement nominal.

La démolition du château et celles des murs d'enceinte de JAMETZ furent opérées en 1672. Les ruines, qui existent encore du Levant, prouve que ses murs étaient d'une épaisseur impénétrable au projectile du temps.

 

Nous venons, comme la machine à remonter le temps, de survoler, si l'on peut dire, la période de plusieurs siècles pendant lesquelles la ville de JAMETZ joua un rôle sur le plan régional et national et aussi dans les divisions politiques et surtout religieuses.

JAMETZ n'est donc plus, désormais, qu'une commune quelque part en France.

 

Je suppose que vous pensez : « et le château », nous sommes venus pour cela, serait-ce l'ARLESIENNE de l'exposé ?

Rassurez-vous, le château était ici et les ruines sont sous nos pieds. Le plan qui vous a été remis parmi les permit de situer les défenses et les constructions intérieures aux ouvrages. Ici dans un cadre vous pouvez voir une vue de la forteresse, le graveur était contemporain du château, il s'agit de M. Israël SYLVESTRE delin et sculpsit.

 

 

Le château

La citadelle accolée au bourg, au sud, à la forme d'un quadrilatère irrégulier, est entouré de murailles et d'un large fossé plein d'eau alimentée par la rivière « le loison » et la source dite « du château ».

Les fortifications comprennent (sur le plan) :

N°1 - à l'angle nord-est : le bastion de la cloche, avec souterrains

N°6 - dans la partie sud-est : le boulevard du brutz

Entre N°2 et N°6 - face au midi : une courtine brisée en son milieu.

N°2 - à l'angle sud-ouest : le gros bastion de la grille qui comprend des souterrains

N°3 - à l'ouest : le boulevard du Rolier

N°4 - face à JAMETZ : le boulevard du Robin, où sera donné l'assaut, construit par l'architecte Jean Errard dans l'hiver 1587 - 1588, pendant le siège de la ville.

N°5 - au nord : boulevard de la porte

N°7 - au nord : porte et pont-levis reliant le château à la ville

A l'intérieur : Cour d'honneur (8)

Dans la cour se dresse le donjon (10) avec que la tour Cornica (9), les appartements seigneurs (11) qu’Errard a fait entourer d'un fossé (14), les logements des officiers et les casernements de la troupe. (12 et 13).

La tour Cornica était construite en pierre de taille d'appareils cyclopéens, tour forme de fanal dressée à une hauteur stupéfiante.

Cornica signifiait : forte - dominatrice et puissamment lumineuse.

Au sud du château, de part et d'autre de l'actuelle route de Damvillers existait des étangs, appelé CARPIERES où l'on élevait du poisson destiné à la nourriture des habitants pour les jours maigres et pendant le siège.

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